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Le silure aux leurres souples

avec Geoffrey RULLEAU de MORANGIS.

Geoffrey pêche le silure depuis 7 ans, dans la Seine, du sud Seine-et-Marne jusqu’à Rouen. Vous le croiserez peut-être dans la capitale. Dans Paris, il existe une belle population de silures, en particulier à proximité des bateaux restaurants, où les carnassiers attendent quelques gourmandises... Le poisson à moustaches est plus carnivore que carnassier et même plus opportuniste que carnivore ! Il mange volontiers tout ce qu’il lui tombe devant la bouche.

Pourquoi pêchez-vous le Silure ?

C’est certainement, avec la carpe le poisson d’eau douce dont la pêche est la plus sportive. Quand on veut se frotter à un carnassier de belle taille, ce poisson ne manque pas d’intérêt.

Il est parfois lunatique dans son comportement. En bateau, on les voit quelque fois monter sur nos leurres, les suivre pour finalement les refuser. On a fait tout ce qu’il faut : le bon leurre, la bonne taille, on espère la bonne couleur… On le voit bien se décoller du fond, rester à côté et d’un coup, il part, bouche close sans qu’on ne comprenne ce refus.

Quel est le meilleur moment (dans la journée, saison) pour pêcher le silure ?

Idéalement, il est plus propice de le pêcher le matin ou le soir. L’animal, qui est plutôt crépusculaire voire nocturne, n’aime pas trop la lumière. Ses petits yeux semblent justifier cette vie à l’obscurité, mais ses grands barbillons lui permettent de repérer ses proies éventuelles. La journée, il préfère les fosses sombres où la lumière est très atténuée.

En revanche, durant la période de reproduction, il se rapproche des bordures et se montre très actif même durant la journée, occupé à la défense de son territoire.

En général, on retrouve une forte période d’activité avant la fraie qui a lieu en début d’été et avant l’hiver, se constituant des réserves pour la mauvaise saison. Ils s’agitent également lorsque les brèmes se rassemblent pour pondre. C’est un opportuniste.

L’hiver son activité se ralentit mais on observe parfois des « boules » de 15 à 20 silures.

Quel matériel utilisez-vous ?

Le matériel va dépendre des sites de pêche. On s’adresse à des poissons qui peuvent atteindre des tailles respectables, on peut toucher un gros poisson de plus de 2 mètres d’où l’importance de disposer d’un matériel solide et fiable.

Les pêcheurs au posé peuvent utiliser un matériel mer ou destiné à la carpe, mais pour pêcher aux leurres mieux vaut une canne plus légère, relativement longue (2,50 à 3 m) si on pratique du bord et plus courte (2 m) pour la pêche en bateau. Les cannes à lancer mer fortes et puissantes conviennent parfaitement. On trouve dans le commerce des cannes d’un poids réduit, ce qui est intéressant pour le confort du pêcheur. Le moulinet de modèle mi-lourd est solide, le frein progressif, fiable comme pour toute autre pêche aux leurres.

La tresse, relativement fine (30/100) permet de maitriser de beaux poissons. Elle est préférable au Nylon monofilament qui souffre beaucoup avec des prises de belle taille. Quand je pêche en bateau, j’utilise un fil relativement fin car je sais que le poisson va traîner l’embarcation. Dans ce cas, inutile d’avoir beaucoup de fil !

En pêchant du bord, j’utilise un fil entre 35/100 et 40/100. Je sais que je vais devoir livrer un combat rude. Je vais utiliser des grandes cannes très robustes qui permettent de conserver la prise au-dessus du fond, comme si je pêchais la carpe.

Laurent Madelon Pêche du Silure en Bâteau (photo d'illustration)

Quelle animation pour les leurres ?

Il faut toujours utiliser des leurres de grandes tailles, entre 15 cm (très épais) et 25 cm. Je les anime lentement à proximité du fond laissant aux poissons le temps de s’énerver et d’attaquer le leurre. Les poissons-nageurs équipés d’une bille émettent des sons qui attirent l’attention du silure. Tout ce qui fait du bruit semble les réveiller. Il est en effet très sensible aux vibrations. C’est la raison pour laquelle certains utilisent un klonck, sorte de grosse cuiller en bois que l’on frappe sur l’eau. Mais cela demande un certain entrainement.

Les pêches de surface se pratiquent de plus en plus, avec les leurres qui clapent en surface, attirent l’attention des poissons, les font monter et les énervent, surtout en période de reproduction.

De mai à la mi-juin, avant la reproduction, ils se pêchent près du bord. A cette période, ils se rapprochent du rivage à la recherche d’endroits où ils vont faire leurs nids. Ils sont souvent cachés dans des interstices entre les pierres des quais où ils se cachent à l’abri de la lumière.

Le silure n’est pas un poisson très combatif, il oppose au pêcheur sa puissance, sa taille et son poids. C’est du lourd ! Plus il est gros, plus il se sent invulnérable. Tout pêcheur de silure vous le dira : la prise reste calme, contrairement à la carpe, il ne démarre pas violemment, se contentant d’opposer son poids au pêcheur. Si l’on pêche en bateau, le poisson peut remorquer embarcation et pêcheur sur quelques centaines de mètres.

Comment le sortir de l’eau ?

Plus la prise est grosse, plus elle est difficile à manipuler. On va les glisser sur une bâche mouillée pour éviter la perte de mucus. On peut le saisir par les nageoires pectorales rigides par des os forts ou par la mâchoire (elle possède des dents nombreuses mais non dangereuses pour la main). Avec un peu d’expérience le pêcheur entre dans l’eau et maintient le poisson dans 20 cm de profondeur pour la photo. Garder un souvenir des prises est devenu un acte normal pour un poisson trophée !

Une fois pêcher, qu’en fait-on ?

Pour les gens qui veulent en consommer, je conseille de conserver les petits silures (entre 80 cm et 1m20 – quand-même). La chair est bonne (ressemblant à celle de la roussette marine), dépourvue d’arêtes. Il suffit d’enlever le gras du dos.

C’est un plaisir de les voir grandir, la Seine tend à devenir un fleuve à gros poissons, les pêcheurs sont de plus en plus à les rechercher. La "grâciation", comme disent nos cousins du Québec, est aussi un geste normal. Espoir de retrouver le poisson plus gros encore !